Le billet de Karyn
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Chers lecteurs, lectrices, auditeurs, auditrices, vous aurez comme moi remarqué qu’un mot tend depuis plusieurs années à traverser très régulièrement la presse, qu’elle soit japonaise, française ou américaine. Ce terme, c’est « harcèlement », en anglais « harassment », qui donne en japonais « hara ». Dans la langue de Molière, selon la définition qu’en donne le dictionnaire Robert, le harcèlement correspond à l’acte de « soumettre sans répit à de petites attaques réitérées, à de rapides assauts incessants ».
En effet, il existe dans les divers milieux de la société des actions qui collent parfaitement à cette définition, comme le harcèlement hiérarchique (power hara) ou harcèlement moral dont sont victimes des salariés. On aurait tort de croire que cette pratique répréhensible est plus répandue au Japon qu’en France au motif que les salariés français savent mieux se défendre que leurs homologues japonais. Ce serait par exemple méconnaître les cas de 35 suicides successifs recensés il y a une dizaine d’années dans l’entreprise France Télécom (aujourd’hui Orange). On aurait tort de croire aussi, au motif que les femmes françaises seraient plus fortes, plus indépendantes, que les Japonaises, qu’elles ne sont pas victimes de harcèlement sexuel sur leur lieu de travail ou de harcèlement de rue à l’extérieur. Elles en souffrent aussi, et grandement. Mais peut-être qu’une des grandes différences entre la France et le Japon, c’est que les victimes françaises, en tout cas ces derniers temps, osent plus parler, demander justice, et faire changer les lois.
Dans le cas des suicides de France Télécom, les patrons ont été jugés, et lourdement condamnés.
Dans le cas du harcèlement sexuel, le mouvement #Metoo a connu en France une ampleur bien plus importante qu’au Japon. Et pour ce qui est du harcèlement de rue, eh bien une loi existe désormais pour renvoyer les harceleurs devant la justice. Entrée en application mi-2018, elle a permis d’infliger une amende à quelque 700 harceleurs de rue la première année.
Pour autant, les problèmes restent nombreux aussi en France, avec du harcèlement scolaire (ijime) et harcèlement en ligne.
Je mettrais cependant un petit bémol sur l’emploi du mot « hara » au Japon qui me paraît parfois un peu exagéré : quand un homme dit à une collègue qu’elle a une jolie robe, ou une belle coupe de cheveux, il me semble regrettable d’appeler cela du harcèlement sexuel. Sans quoi, il sera difficile pour un homme de faire le moindre compliment à une femme et s’en sera fini de la simple drague et des rencontres du hasard.
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Billet de Karyn, le « harcèlement » Chocolat!第578回 -
〇〇ハラ、△△ハラ、とニュースなどでいろいろなハラスメント問題について耳にすることが近年増えました。
職場などのでのハラスメントで辛い思いをしている方が多い現状がある一方、何気ない行動や言動に対して「これはパワーハラスメント!」「これはセクシャルハラスメント!」と過剰すぎる反応があるというのもまた事実です。
「ハラスメント」について、日本とフランスでは対応の仕方も違うと、Chocolat!第578回の番組内でカリンさんは説明してくださいましたね。
今回のコラムでは、ハラスメントをテーマに、カリンさんとボブの対談です。
Karyn Non, je pense que ce n’est pas de la retenue. Je pense qu’on ne peut pas parler du harcèlement d’une façon générale, en ayant un avis tranché. En fait !