Théodore Chassériau
Théodore Chassériau 1819 - 1856
La naissance de Théodore Chassériau à Saint-Domingue, aux Antilles, d’une mère probablement métisse et d’un père français, le prédispose à comprendre l’âme orientale, mais l’Orient de sa peinture et de ses dessins ne se limite pas à la fantaisie exotique et à l’évasion. Il ne peut être insensible à la politique coloniale de la France. À côté de rares scènes de harem, il peint la guerre moderne, mais comme à distance, déclinant à l’envi des images de spahis ou de cavaliers arabes, comme son Caïd visitant un douar (1849) ou son Combat de cavaliers arabes (1856). Il observe les populations conquises de Constantine et d’Alger, espérant y retrouver « la race arabe et la race juive comme elles étaient à leur premier jour ». Il cherche l’Orient comme il cherche à retrouver l’Antiquité. C’est un Orient à deux faces que celui de Théodore Chassériau : à un Orient brutal — celui de la conquête coloniale — s’oppose un Orient que l’on peut déjà qualifier d’ethnographique, au parfum souvent capiteux, et où la femme tient une place de choix.