Sophie Calle
Sophie Calle 1953 -
L’une des conditions pour parler d’autobiographie est l’unité entre l’auteur, le narrateur et le personnage, qui s’exprime le plus souvent par l’emploi de la première personne. C’est bien le cas de Douleur exquise : Sophie Calle y réalise le projet mettant en scène des éléments dont elle est la protagoniste.
Alfred Pacquement dit d’elle qu’elle est « artiste à la première personne... ».
Calle prouve qu’il s’agit de son histoire de manière presque légale, en exposant le billet de transsibérien et son visa, sur lesquels son nom apparaît, ou encore en faisant intervenir son propre visage par le biais de la photographie. Elle garantit ainsi au spectateur que la Sophie dont il est question ne fait qu’un avec Sophie Calle, personne publique et artiste reconnue. Le spectateur n’est d’ailleurs pas amené à considérer cette œuvre comme fiction, mais bel et bien comme un fragment de vie de l’artiste, laquelle signe ainsi avec son spectateur une sorte de « pacte autobiographique » tel qu’il a été théorisé au sujet de la littérature.